Dans leur livre intitulé Bep Voskuijl, het zwijgen voorbij (Bep Voskuijl, au-delà du silence) Jeroen de Bruyn et Joop van Wijk, le plus jeune fils de Bep Voskuijl, pointent du doigt Nelly Voskuijl comme étant celle qui aurait peut-être dénoncé les huit clandestins de l’Annexe à Amsterdam. Nelly Voskuijl, la sœur de Bep Voskuijl, avait pour petit ami un sous-officier allemand et aurait collaboré avec les Allemands.

Théorie de la dénonciation

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Le cours des événements du 4 août qui ont conduit à l’arrestation des huit clandestins de l’Annexe et de deux de leurs protecteurs reste inconnu. A ce jour, aucune des hypothèses au sujet de la dénonciation n’apporte une réponse  définitive. Jeroen de Bruyn et Joop van Wijk proposent dans leur livre une nouvelle piste concernant la dénonciation basée sur un certain nombre de suppositions. Les interprétations privilégiées par les auteurs convergent vers Nelly Voskuijl. Suite à cette nouvelle hypothèse la Maison d’Anne Frank ne voit aucune raison de reprendre à son compte les soupçons à l’encontre de Nelly Voskuijl.

La théorie de la dénonciation qu’avancent dans leur livre Jeroen de Bruyn et Joop van Wijk se base sur un certain nombre de suppositions et d’interprétations :

Passeport

Selon les deux auteurs, Nelly Voskuijl a obtenu, fin 1942, rapidement et sans aucun frais un visa allemand par le biais de connexions allemandes et a pu ainsi fuir en douce la maison paternelle. D’après certaines sources, elle a fait une demande de passeport néerlandais auprès de la municipalité d’Amsterdam. Sa demande montre que Nelly, mineure, a obtenu ce passeport avec l’autorisation de ses parents et grâce à la participation de l’Agence nationale pour l’emploi. Son but était de partir en “Allemagne”, et sans l’ombre d’un doute avec l’intention d’y travailler. A l’époque ces demandes de passeports étaient souvent réglées en deux ou trois jours et n’entraînaient aucun frais pour celui ou celle qui allait ou devait travailler en Allemagne.

Silberbauer

L’officier du SD Dettmann aurait raconté à son second Silberbauer que la délation provenait d’une source fiable. Cependant, Silberbauer ne s’est jamais prononcé sur cette question. En 1963, lors d’un interrogatoire par la police de Vienne et la police judiciaire néerlandaise, il déclarait : « Comme il était d’usage, Dettmann ne m’a pas donné le nom de la personne qui l’avait informé de cette affaire. » Quant à Dettmann, il n’a jamais été interrogé à ce sujet vu qu’il est mort en juillet 1945. A l’époque, il était très rare que l’on donne des renseignements sur leurs missions aux subalternes. La thèse selon laquelle Silberbauer aurait été informé qu’une jeune femme aurait téléphoné n’est pas suffisamment étayée.

Arrestation

A l’époque, grâce à sa sœur, Bep Voskuijl n’a pas été arrêtée. La suggestion selon laquelle elle aurait profité d’une protection tacite en raison de la collaboration de sa sœur ne repose que sur des spéculations. Sa collègue Miep Gies, elle non plus, n’a pas été arrêtée, et cela est arrivé plus d’une fois pour ce qui est des protecteurs de clandestins. Selon Silberbauer, dans ce genre de situations c’était la direction qui était tenue pour responsable et non pas la (les) secrétaire(s).