Un nouvel éclairage sur l’arrestation d’Anne Frank

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Une recherche menée par la Maison Anne Frank propose un nouvel éclairage sur l’arrestation d’Anne Frank. Cette fois, elle n'est pas centrée sur l'éternelle question de savoir « qui a dénoncé Anne Frank ? » mais plutôt « pourquoi la police est-elle intervenue dans l’Annexe et sur la base de quelles informations ? » L’étude présente de nouveaux éléments : l’éventualité de travail clandestin ainsi qu’un trafic de tickets de rationnement a pu jouer un rôle dans la descente de police au 263 Prinsengracht et conduire à la découverte et à l’arrestation d’Anne Frank.

Huit clandestins juifs cachés derrière une bibliothèque pivotante. Une histoire universellement connue  par le journal d'Anne Frank. Tout comme son issue dramatique, représentée dans un film et dans une pièce de théâtre : des bruits de bottes dans l’escalier, se dirigeant tout droit vers l'Annexe. Peu après, les clandestins et deux de leurs protecteurs sont emmenés à bord d'une voiture. Le coup de téléphone est également un autre élément célèbre de l'histoire. Il semblerait que peu avant la descente de la police, le SD (Sicherheitsdienst, Service de sécurité nazi) ait reçu un appel anonyme révélant le lieu où se cachaient les clandestins. Mais dans quelle mesure  est-ce exact ? Les policiers qui sont entrés dans le bâtiment savaient-ils vraiment que des clandestins s'y cachaient ?

Une autre approche

Pour transmettre au mieux l’histoire de la vie d’Anne Frank, il est également important de connaître précisément les circonstances de la descente de police qui a mis fin à la clandestinité. On s’est toujours demandé qui avait dénoncé Anne Frank et les autres clandestins. Mais, en se focalisant sur une dénonciation, on a restreint le regard porté sur l’arrestation. D'autres scénarios ont ainsi été, a priori, écartés. Les dernières recherches, que viennent de mener les historiens de la Maison Anne Frank, sont centrées, non sur la dénonciation, mais sur la descente de police elle-même : pourquoi une descente de police et à partir de quelles informations ? C’est  sur cette base qu’a été menée cette étude, à partir de sources connues, et d’autres, inédites. Les notes du journal d’Anne datant de mars 1944, qui n’ont auparavant jamais été utilisées comme une source,  ont conduit les chercheurs à analyser des documents d'archive de la police et de la justice provenant de différentes régions des Pays-Bas.

Travail au noir et trafic de tickets de rationnement

Jusqu’à présent, on considérait que les services du SD étaient uniquement à la recherche de clandestins juifs se cachant au 263 du Prinsengracht et que la descente de police résultait clairement d’une dénonciation. Cependant, cette hypothèse révèle trop d’incohérences pour relever d’une situation « ordinaire » de délation. Les nouvelles recherches démontrent qu’il se déroulait, dans ce bâtiment, d’autres activités illicites que le fait de cacher huit clandestins, comme du travail dissimulé et un trafic de tickets de rationnement. Ces informations permettent d’aborder autrement la question : est-il possible que le SD ait fouillé le bâtiment en raison du travail clandestin et de la fraude sur les tickets de rationnement et que les policiers aient alors découvert, par hasard, Anne Frank et les sept autres clandestins ?

Malgré des dizaines d'années de recherches,  la délation comme point de départ n'a abouti à aucun résultat. L'étude menée par la Maison Anne Frank ne réfute pas la possibilité d'une délation, mais montre que d'autres scénarios doivent également être pris en considération. Il est à espérer que d'autres chercheurs y verront également de nouvelles pistes.

Ronald Leopold, directeur général de la Maison Anne Frank

Une version abrégée de l’enquête

Une version abrégée de l’enquête sur l’arrestation d’Anne Frank (en anglais).

Download pdf (157KB)

L’enquête complète

Le rapport de recherches complet sur l’arrestation d’Anne Frank avec une liste des sources (en anglais).

L’enquête complète (506KB)

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